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4. Deuil animalier : Comment l’expliquer aux enfants ?

Deuil animalier : Comment l’expliquer aux enfants ?


Quand un animal meurt, les adultes sont bouleversés. Mais les enfants le sont aussi.
Simplement, ils ne l’expriment pas toujours de la même manière.
Et parfois, on croit les protéger… alors qu’on les prive sans le vouloir d’un au revoir essentiel.

Faut-il "protéger" les enfants de la mort ?
La tentation est grande.
On veut éviter les larmes, les questions, la douleur...
Alors on dit parfois :
"Il est parti au ciel."
"Il est parti en voyage."
"Il s’est endormi."
Ces phrases partent d’un bon sentiment.
Mais elles peuvent créer de la confusion.
Un enfant, même jeune, perçoit l’absence.
Il ressent le changement d’énergie dans la maison. Il voit les adultes pleurer.
La vérité, dite avec des mots adaptés, est souvent plus rassurante que le flou.

Dire les choses simplement
Selon l’âge de l’enfant, on peut expliquer :
• Que le corps de l’animal était très malade
• Que les vétérinaires ne pouvaient plus le soigner
• Que parfois, pour éviter la souffrance, on l’aide à partir en douceur
• Que la mort signifie que le corps ne fonctionne plus
Sans détails inutiles. Sans dramatisation.
Juste des mots simples et vrais.

Inclure l’enfant, quand c’est possible !
Je me souviens très précisément du premier animal que j’ai perdu. J’étais en CE1.
J’avais huit ans.
Ma maîtresse s’appelait Madame Mompied.
Ma mère m’a donné une lettre à lui remettre le matin sans m’expliquer pourquoi.
Je suis allée à l’école normalement.
Je ne savais pas qu’après m’avoir déposée avec beaucoup de dignité, elle allait faire euthanasier notre boxer. Orus avait grandi avec moi.
Je crois qu’il était arrivé quelques mois avant ou après ma naissance.
Mais nous avions appris à vivre ensemble.
J’apprenais à marcher pendant qu’il était jeune et plein d’énergie.
Le midi, je suis rentrée. Il n’était plus là.
Ma mère était en larmes.
Elle m’a expliqué qu’il était parti au ciel.
Elle m’a proposé de rester avec elle l’après-midi.
J’ai refusé. J’ai préféré retourner à l’école.
Je me souviens être arrivée en pleurs dans la cour.
Mon meilleur copain de l’époque, Jason, est venu me demander ce qui se passait.
Ma maîtresse m’a réconfortée.
Avec le recul, je ne blâme absolument pas ma mère. Bien au contraire !!
Elle portait l’euthanasie de son chien.
Elle devait gérer trois enfants dont deux très jeunes. Elle a fait comme elle pouvait.

Mais à huit ans, et même vingt ans plus tard, une amertume est restée.
On ne m’a pas laissé le choix. Je n'ai pas pu lui dire au revoir.
Je ne voulais pas décider. Simplement être incluse, avoir un moment avec lui pour lui dire une dernière fois "Je t'aime et Merci"
Mais je n'ai pas pu et à 8ans, j'ai associé que la mort n'était qu'un abandon, qu'une immense injustice et que personne ne pensait à mon ressenti. C'est violent et même injuste mais dans ma tête c'était ainsi et...cela me suit encore parfois.

Pourquoi inclure l’enfant peut être important
Un enfant n’est pas un adulte miniature.
Mais ce n’est pas non plus un être incapable de comprendre.
Selon son âge et sa maturité, il peut :
• Dire au revoir
• Faire un dessin
• Caresser une dernière fois
• Être présent quelques minutes
• Écrire un mot
Il ne s’agit pas de lui faire porter la décision. Ça, jamais.
Il s’agit de lui permettre de participer à la réalité.
Car ce qui peut créer des blessures durables, ce n’est pas la vérité.
C’est parfois le sentiment d’avoir été mis à l’écart d’un moment important.

Adapter selon l’âge
Bien sûr, un enfant de deux ou trois ans n’a pas la même compréhension qu’un enfant de huit ou dix ans.
Mais à partir du moment où l’enfant pose des questions, comprend la notion d’absence, et a un lien réel avec l’animal, il mérite d’être inclus à sa mesure.
Cela peut être :
• Expliquer avant le rendez-vous vétérinaire
• Lui laisser choisir s’il souhaite dire au revoir
• Lui proposer un petit rituel après
Le respect de son rythme est essentiel.

Accueillir ses réactions
Certains enfants pleurent beaucoup.
D’autres retournent jouer très vite.
Certains posent mille questions.
D’autres se taisent.
Toutes ces réactions sont normales.
L’enfant peut passer du rire aux larmes dans la même heure.
Cela ne signifie pas qu’il “ne réalise pas”.
Cela signifie qu’il régule à sa manière.

N'oubliez jamais que...
• Les enfants ressentent profondément la perte d’un animal.
• La vérité, avec des mots adaptés, est préférable aux explications floues.
• Inclure l’enfant dans le processus, quand c’est possible, peut prévenir certaines blessures émotionnelles.
• Il ne s’agit pas de lui faire porter la décision, mais de lui permettre de participer.
• Chaque enfant a son propre rythme.
Perdre un animal est une épreuve pour toute la famille.
Et parfois, ce qui protège le plus un enfant, ce n’est pas de le tenir à distance…
C’est de lui permettre d’être présent, accompagné, et entendu.

Si vous traversez cette période, l’espace Présence & Confort avec Douceur rassemble des ressources pensées pour accompagner ces moments avec respect et délicatesse.♥

Texte original rédigé par Laura Serre pour Just For Pets.
© Just For Pets.
Toute copie, diffusion ou reproduction, même partielle, sans autorisation écrite préalable, constitue une violation du droit d’auteur.