6. Comment savoir si c’est le bon moment ? Prendre une décision quand on aime profondément
Comment savoir si c’est le bon moment ?
Prendre une décision quand on aime profondément
Avant de commencer
Cet article n’a pas pour vocation de décider à votre place.
Il ne remplace ni un vétérinaire, ni un avis médical, ni votre intuition.
Il ne juge pas les décisions prises.
Il ne hiérarchise pas les choix.
Il a simplement pour objectif de poser des repères, de partager une expérience, et surtout de vous rappeler une chose essentielle :
Vous n’êtes pas seul dans cette question.
Parce que cette question, presque tous les propriétaires d’animaux gravement malades se la posent.
Pourquoi cette question peut devenir une torture
"Et si j’attends trop ?"
"Et si je décide trop tôt ?"
"Et si je me trompe ?"
Quand on aime profondément, la décision semble impossible.
On oscille entre deux peurs :
• La peur de faire souffrir en attendant
• La peur de "tuer" en décidant
Et dans cet entre-deux, le mental cherche une certitude absolue.
Mais la vérité, c’est qu’il n’existe presque jamais de moment parfaitement clair.
Lulu, et la peur d’avoir décidé trop tôt
Pour Lulu, mon haflinger, cette question m’a hantée. Pendant longtemps. Plusieurs années.
Je me suis dit que j’avais chié dans la colle.
Que j’aurais dû attendre un peu.
Que j’avais été trop rapide.
Que j’étais une tueuse.
Puis, dans ces moments de doute, je me suis rappelée la dernière nuit.
Je me suis rappelée le dernier week-end où nous pensions déjà qu’il allait partir.
Je me suis rappelée qu’il s’était écroulé au sol sans finir sa ration. Qu’il ne tenait plus debout. Qu'il souffrait et qu'il ne s'est relevé que par miracle en attendant le vétérinaire. C'était un vendredi soir.
Je me suis rappelée les œdèmes au ventre.
Les œdèmes à la gorge lors de la dernière nuit vers 2h du matin.
Et je me suis posé une question plus honnête :
Si j’avais attendu… qu’aurais-je vu ?
Peut-être une hémorragie.
Peut-être une agonie.
Peut-être son corps se vider.
Et là, je n’aurais pas seulement eu une culpabilité à travailler. J’aurais eu un trauma en plus.
J’aurais peut-être vu le cheval de ma vie partir seul. Sans moi. Sans mon amour. Sans mes mots.
Aujourd’hui encore, il m’arrive de douter.
Mais j’ai davantage de douceur envers moi-même.
Le mythe du "moment parfait"
On imagine souvent qu’il existe un instant clair où tout devient évident.
En réalité, la décision se prend presque toujours dans une zone grise.
Parce que l’amour retient.
Parce que l’espoir s’accroche.
Parce que l’animal a parfois encore des moments de lumière.
Un regard.
Un petit appétit.
Un sursaut.
Et ces moments rendent la décision encore plus difficile.
La qualité de vie : un repère concret
Sans jamais remplacer l’avis vétérinaire, certaines questions peuvent aider à réfléchir :
• L’animal mange-t-il encore avec envie ?
• Se lève-t-il sans douleur majeure ?
• A-t-il encore des moments de confort réel ?
• La souffrance est-elle contrôlable ?
• Les mauvais jours dépassent-ils les bons ?
• Réagit-elle/il à ce qu'il préfère (balle, mastication, gamelle...)
Ces questions ne donnent pas une réponse automatique.
Mais elles permettent de sortir du trop émotionnel et de poser les choses avec un certain cadre
Après la décision : pourquoi la culpabilité revient ?
Même lorsque la décision est prise avec amour, la culpabilité peut surgir.
Parce que nous avons activement signé un consentement, nous étions présents, nous avons choisi un moment
Le cerveau interprète cela comme une action.
Mais en réalité, la décision n’est pas un acte de destruction.
C’est souvent un acte de protection.
Protéger de la souffrance.
Protéger d’une fin brutale.
Protéger d’une dégradation indigne.
Attendre plus longtemps n’efface pas la douleur!
Attendre peut parfois apaiser la culpabilité.
Mais attendre peut aussi ajouter un traumatisme, des images difficiles, un départ solitaire, une urgence non maîtrisée...
Il n’y a pas de bonne réponse universelle.
Il y a seulement une décision prise avec les informations du moment, avec l’amour du moment.
N'oubliez jamais...
• Il n’existe presque jamais de moment parfaitement évident.
• La décision est toujours ou presque prise dans une zone grise.
• La culpabilité après coup est fréquente.
• Attendre plus longtemps n’est pas toujours plus doux.
• Une décision prise par amour n’est pas un acte cruel.
Prendre cette décision ne signifie pas abandonner. Au contraire... Cela peut signifier accompagner jusqu’au bout.
Et si vous doutez encore, si vous vous accusez encore, souvenez-vous : Vous avez décidé avec le cœur, avec la force que vous aviez à ce moment-là. Et aimer profondément rend toujours les décisions plus difficiles.♥
Si vous ou un proche avez besoin de parler de cette décision, de vider votre sac, d'être compris... Vous pouvez rejoindre le groupe Facebook "Présence et Confort avec Douceur : Pendans la maladie de son animal et après" : https://www.facebook.com/groups/1826878504693470
Texte original rédigé par Laura Serre pour Just For Pets.
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